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Il doit être 8h du matin, je crois... Mon chat commence à s'agiter, alors c'est qu'il doit être cette heure là. J'entends gratter à la porte. Ma mère ou mon chat ?
- Louise, ma chérie ! Il est huit heures et demi...
J'ai grogné tellement fort qu'elle a du m'entendre derrière la porte. Quand je grogne (signe que je ne suis pas contente du tout) il se passe souvent des choses bizarres... Comme là par exemple : j'ai grogné, et bien il y a eu un coup de vent (alors que ma fenêtre n'était pas ouverte) puis les bougies qui sont sur mes tables de chevet, de chaque côté de mon lit, se sont allumées ! Ce n'est pas la première fois que ce genre de phénomène m'arrive... Quand je suis énervée ou stressée, il y peut y avoir : du vent dans la maison alors que tout est fermé, des objets qui se brise, d'autres objets qui passe à travers les fenêtres, les portes qui ne font que claquer, etc.... Tous ces événements, j'ai appris à vivre avec, je m'y suis habituée ! Mes parents, eux, essayent d'ignorer tout ça et ne font certainement le rapprochement avec moi ! Pourtant, c'est à cause de moi que tout ça arrive. Je vais blesser quelqu'un un jour.
- Veux-tu bien arrêter tes simagrées ! Tu avais promis à tante Viviane de passer la journée avec elle ! Debout ! me disait elle.
Tante Viviane... La vieille femme vivant seule dans une maison perdue en pleine campagne. Elle est gentille, mais un peu « bizarre »... Je ne saurais expliquer ce que je ressens lorsqu'elle s'approche trop près de moi ou quand elle me fixe avec ses grands yeux de chouette. Bref... Je suis sortie à contre c½ur de mon lit douillet pour affronter le froid et l'humidité de l'automne ! Enfin « affronter » est peut être un bien grand mot ! Disons que, je ne crains pas le froid, le froid ne me gène pas. Lorsqu'il fait trop chaud, en été par exemple, j'attends sagement le soir, quand la nuit commence à tomber et qu'un vent frais s'installe. Dans ces moments là, je m'allonge dans l'herbe et j'écoute, je rêvasse... Pas loin de chez moi il y a une sorte de haras alors j'entends les cheveux hennirent et qui sait... Peut être qu'un jour, un cheval blanc sautera la barrière, galopera jusque chez moi ! Et un beau et preux chevalier serait là.
- Arrête de rêver ma pauvre fille ! me suis-je sermonnée dans ma tête ce soir là. Contente-toi de réussir tes études au lieu de penser aux contes de fées !
Je me souviens avoir rie. La magie n'a pas l'air d'exister dans ce bas monde ! Pourtant je m'y intéresse beaucoup... J'aime tout ce qui y touche.
- Louise ! s'écria mon père derrière ma porte de chambre. Tu vas te lever ! Sinon, c'est moi qui vais te faire sortir de ton cocon douillet et tu vas le sentir passer !
Si avec sa grande gueule je ne suis pas réveillée, c'est qu'il y a un problème.
- Je suis debout et je cherche mes chaussons sinon vous allez encore me sermonner parce que j'en ai pas ! ai-je répondu en essayant de prendre un ton agressif. Et continue encore de gueuler comme ça papa, et tu pourras servir de réveil matin aux voisins !
Oh la ! Ça va être ma fête si je sors de ma chambre. Mais finalement non, personne à l'horizon ! Peut être n'avait il pas entendu... Ce que j'ai dit sur les chaussons ça aurait passé cependant j'en suis pas sûr pour la dernière partie.
Je suis allée directement dans la salle de bain me prendre une bonne douche chaude avec de la musique celtique à fond ! J'ai d'ailleurs une anecdote qui ne joue pas en ma faveur : il y a environ un mois, j'étais tellement emportée par la musique que je me suis mise à danser dans la cabine de douche... Je vous laisse deviner ce qui a bien pu se passer après ? Oui... Je me suis royalement vautrée ! Résultat : poignet gauche foulé ! Comme je suis droitière ça ne m'a pas trop gêné mais j'ai retenu la leçon : éviter de danser dans des endroits glissant !
En sortant de la salle de bain, habillée d'un simple jean bleu et de mon pull noir où tu peux rentrer à dix dedans, j'ai croisé mon frère, Marc, dans le couloir. Il m'a poussé et est entré dans la pièce en grognant... Cette asperge de 23 ans a encore fait la java hier soir !
Je me suis toujours demandé ce que l'on pouvait bien avoir en commun lui et moi ? C'est vrai, il est très grand, baraqué, cheveux blonds tout raides, yeux bleu et totalement passionné par l'informatique. C'est facile ! Tu ne peux pas mettre un pied dans sa chambre sans trébucher sur un fil, et encore j'exagère un peu. Moi, Louise Gyllem, plutôt petite, avec les cheveux châtains, un peu bouclé, des yeux verts et absolument perdue lorsqu'il s'agit d'informatique ! Je sais juste les trucs de base, après je me noie.
Je suis plutôt quelqu'un d'assez Fantasy, j'aime beaucoup tout ce qui s'y rapporte... Mon frère est trop rationnel pour croire en tout ça. Enfin, tout ceci pour dire que nous n'avons pratiquement rien en commun. La seule chose où on peut se compléter, c'est la cuisine ! J'aime cuisiner, et lui il aime bien manger.
Lorsque je suis arrivé dans la cuisine, mon père, qui était de boire son infect café noir, regarda mes pieds.
- Tu croyais que je t'avais dit que je cherchais mes chaussons uniquement pour rester plus longtemps couchée... Pfff !
A peine levée et je suis déjà énervée. Elle va être belle la journée chez Viviane...
- Louise... Tu sais ce que fais ton frère ? me demanda ma mère d'une vois mielleuse pour essayer de me calmer.
- Il est dans la salle de bain entrain de cuver sa soirée ! ai-je répondu assez sèchement. Et puis, je ne suis pas toujours collée derrière lui ! Il fait ce qu'il veut, il est majeur et vacciné !
- Et pas tatoué contrairement à toi... m'envoya dans la figure mon père.
Ca y'est, je suis sur les nerfs ! Il a osé remettre ça sur le tapis.
- Je ne répondrais pas à ça car vous savez très bien que je ne changerais pas de registre ! C'est une marque que j'ai sur la paume de la main, pas un tatouage.
- Tu ne vas encore nous tenir tête en nous disant que cette « marque » qui ressemble à une tête de loup a subitement apparu l'année dernière parce qu'un étrange chien noir t'a léché la main ! me critiqua t'il.
Je me suis levée en furie en balançant ma tasse de chocolat.
- Y'a des jours où je me demande ce que je fais dans cette famille !
Puis, je suis partie ! J'ai attrapé mes baskets, et j'ai claqué la porte d'entré. Je me suis mise à courir...J'entendais ma mère qui criait mon nom à la fenêtre de la cuisine.
- Tu peux toujours rêver pour que je revienne maintenant ! ai-je pensé.
Après avoir couru sans regarder où j'allais, je me suis finalement arrêter... J'avais atterri devant le parc boisé. J'aime beaucoup cet endroit, il est très reposant et souvent désert, alors ça me plait. J'ai cherché un coin tranquille, à l'ombre d'un arbre... Je vois un saule pleureur par loin ! Parfait ! Lorsque je me suis adossée contre l'arbre, une brise toute fraîche vint m'effleurer le visage. Par curiosité, j'ai regardé ma montre.
- Neuf heures et demi... ai-je dit. La prochaine fois je prends même pas le temps de m'habiller et je me barre directement !
J'ai pensé ça d'un ton ironique... En m'égarant dans mes pensées j'ai repensé à ce que j'avais dit avant de partir en furie : « Y'a des jours où je me demande ce que je fais dans cette famille ». C'est peut être affreux de dire ça mais c'est ce que je pense... Que je ne ressemble pas à mon frère encore ça passe, mais quand je me rends compte que je n'ai rien en commun avec mes parents, que je n'ai aucun trait physique me venant de mon père ou de ma mère ! Quand je suis tombée sur notre arbre généalogique au moment du déménagement de mes grands-parents, je n'ai vu aucune personne qui me ressemblait ! Pourtant, on a toujours un ancêtre a qui on a piqué des airs... Et bien là, personne ! Il faut dire que je l'en doutais un peu... J'ai rêvassé quelques minutes puis j'ai vu qu'il était dix heures.
- Bon, je vais peut être rentrer sinon ma mère va appeler les flics ! me suis-je dit. Si ce n'est pas déjà fait...
En me levant, je me suis étiré et j'ai regardé la paume de ma main, celle où il y a ma marque en forme de tête de loup... Je me souviens de ce jour où elle est apparue : c'était l'année dernière, vers juillet je crois, je sortais de la bibliothèque et il y eu ce gros chien noir qui s'est assis devant moi. J'ai essayé de le contourner mais il me barrait la route, donc comme il n'avait pas l'air méchant j'ai pris l'initiative de le caresser... Il m'a laissé lui gratouiller l'oreille.
- Tu m'as l'air plutôt sympa comme chien, avais-je dit en souriant.
C'est à ce moment là qu'il me lécha goulûment la main. C'était assez éc½urant quand même, moi qui n'ai vécu qu'avec des chats.
Après ça j'ai reculé et je suis partie. Ce n'est que quelques jours après que j'ai remarqué ça... Je passe les détails lorsque mes parents l'on découvert... C'est pour ça qu'en hiver comme en été je porte des mitaines pour cacher ça aux autres. Mais mes parents ont raconté cette histoire a presque toute la ville (ça va vite le bouche à oreille) et faut dire qu'à mon lycée, on se fout un peu de ma tronche...
En quittant le parc, j'étais décidée à retourner chez moi mais pendant que je marchais une voiture s'arrêta juste devant moi, la porte conducteur s'est ouverte et... J'ai vu Viviane sortir !
- Depuis quand tu sais conduire ? lui ai-je lancé.
Elle retira ses lunettes qui lui donnaient des airs de Michel Polmareff et me sourit.
- Bonjour Louise, comment vas-tu ? Moi ça va très bien, merci ! me dit elle. Flattée de constater que tu es heureuse de me voir !
- Désolé, je suis simplement surprise de te voir au volant d'une voiture !
- Tu compte monter dans la voiture ou attendre que je meurs de vieillesse ? me lança ma tante.
- Mais faut que j'aille chercher des affaires !
- T'en fais pas, j'ai tout ce qu'il faut dans la voiture ! Ta mère m'a donné ton sac.
J'étais comme une pauvre fille le long d'un trottoir. Le vent qui te fouette le visage, les cheveux devant les yeux, le pull deux fois trop grand pour moi qui se balançait.
- Je prends racine petite Louise !
J'ai soupiré et je suis rentré dans la voiture. Direction la campagne... Il est dix heures dix.
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